Le lanceur de balles en Lego technique de Jean-Baptiste a été primé par le jury de Scienceset Vie Junior. Son lycée, La Mennais-Ploërmel le présente à ses portes ouvertes.
Quand Jean-Baptiste Djiré explique comment ça fonctionne, ça semble presque simple comme bonjour.
« La balle de ping-pong est pincée par deux roues à pneus en caoutchouc qui en tournant à la même vitesse mais en sens inverse, l'éjectent comme une catapulte... » Mais quand on examine de plus près la machine, ses engrenages et son système de fonctionnement, on mesure mieux le temps de réflexion, de calcul et d'ajustements qu'il a fallu pour la réaliser.
« Je suis seul à jouer au ping-pong à la maison. Il existe des lanceurs de balles mais ça coûte très cher. Je me suis dit : autant en fabriquer un moi-même », explique le jeune Ploërmelais de binetôt 18 ans, en terminale S, option sciences de l'ingénieur, à La Mennais-Ploërmel « Au début je voulais faire ça en bois mais comme j'avais tout un stock de Legos technique, avec des moteurs électriques, des engrenages, c'était plus facile. D'autant qu'on les avait déjà utilisés pour concourir à un challenge inter-écoles de travaux personnels encadrés (TPE). » Cette autre réalisation utilisant l'énergie d'un ressort pour propulser un engin, avait d'ailleurs été primée...
Futur ingénieuren aéronautique?
Cette fois-ci, Jean-Baptiste a tout fait tout seul. Il ne lui restait que quelques mois avant l'anniversaire de ses 18 ans, le 18 mars. Le concours mensuel des jeunes inventeurs organisé par Sciences et Vie juniors est réservé aux mineurs.
« J'ai proposé mon lanceur à la revue en décembre dernier » raconte le lycéen « Avant j'avais cherché un peu sur Internet ce qui existait sur les robots lanceurs de balles mais je n'ai rien trouvé. Heureusement, ce que j'ai appris en option sciences de l'ingénieur sur les engrenages, les rapports de transmission, l'électricité... m'a bien aidé. »
Jean-Baptiste a su très rapidement que son invention avait séduit le jury. Mais il n'en a rien dit à ses enseignants, seulement aux copains. Heureusement qu'ils ont l'ouïe fine. « Un prof nous a entendus parler du concours. »
La discrétion fait partie des qualités du jeune lycéen qui envisage de devenir ingénieur en aéronautique. « Il en a les capacités », considère Philippe Dilosquer, responsable des terminales à La Mennais « Son initiative ne peut qu'inciter d'autres jeunes à se lancer. Il y a cinq ans un autre élève de terminale avait conçu un système électrique permettant quand une voiture recule, d'estimer, par un signal sonore, la présence d'un obstacle. On s'est aussi rapproché d'industriels pour étudier l'intérêt de déposer un brevet à propos d'un système réalisé lors de travaux personnels encadrés. Tout cela véhicule une image positive des sciences de l'ingénieur. »
Jean-Charles MICHEL.